GESTALT THERAPIE

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Tu sais quoi ?

C’est ton clown qui t’attend

Là, derrière le nez rouge,

Le plus petit masque,

Pour jouer à cache-cache.

Ce n’est plus toi, c’est ton clown,

Cet inconnu qui s’offre au présent.

Surfant sur les montagnes émotionnelles,

Se jouant allègrement du creux des  vagues

Il saura te défaire de ce « Je » qui te tient

Un peu trop quotidien 

De ce Moi qui s’y prend pour Toi.

Et t’emmener au pays du Présent

Qu’est  la vie.

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Sommaire

 

 

1 Principes fondamentaux dans l’art du clown 

1.1 Entre la personne et le personnage 

1.2 Etre dans le présent 

Plus ou moins ficelés que nous sommes dans nos habits quotidiens,

l’aventure clownesque nous offre l’occasion d’ouvrir d’autres espaces d’Existence.

Aventure existentielle s’il en est : l’acteur-clown renouvelle sans cesse sa présence jusqu’à ce que son propre clown ek-siste  et surfe alors joyeusement sur les vagues de l’être. 

Eh oui ! L’Existence précède… l’Essence :
Il parait que l’homme existe d’abord, et se définit ensuite.
Chez le clown, en tout cas, plus que nulle part ailleurs !

Dans l’énergie du jeu et du corps en mouvement, la forme clownesque se construit, se déploie au fur et à mesure d’un nouvel espace-temps, qui fait Ouverture. 

Il ne s’agit pas de faire le clown, mais de se donner la chance d’oser le Grand Rien.

De se laisser traverser, emporter par cette énergie vitale qui nous anime sous le Moi et nous révèle.

Expression qui d’abord nous surprend nous-mêmes, pour rebondir ensuite
dans l’écho du public fasci-nez.

Ce masque de clown, ce plus-petit-masque, le plus mince,tel un voile, nous invite à nous dévoiler pour accéder à une plus grande liberté de notre personne ! Cela dans une énergie ludique et bienveillante.

1.3 Dire oui 

1.4 Faire ou ne pas faire…le clown ! 

1.6 Clown de théâtre et clown analyse 

 

2 Directives générales et pratique pour le Clown 

 

3 Approche théorique Gestaltiste du jeu clownesque 

3.1 Clown, Gestalt, forme et fond. 

3.2 M. Loyal 

3.3 Clown et Dasein 

3.4 Accident, histoire et situation 

3.5 Entrée, Sortie et chute

Les faits :  

Commentaire : 

…………………………………………… 

Bibliographie 

Clown praticien module 1

1 Principes fondamentaux dans l’art du clown

    1. Entre la personne et le personnage

Si le comédien joue le rôle d’un personnage auquel il peut s’identifier, l’acteur-clown joue à jouer. S’autorisant à remettre en question le coté sérieux du spectacle, il joue comme les enfants jouent, en acceptant de mettre en jeu sa propre personne, y compris son narcissisme face au public.

Le clown n’est pas un personnage à part entière, étanche à la personne. On dit souvent du clown que c’est le plus petit masque, c’est surtout le plus mince dans le sens où il a ce pouvoir de mettre en jeu la personne ; il masque et démasque à la fois.

Le comédien joue des rôles, l’acteur- clown aime à se jouer de ses propres rôles, avec en toile de fond, la grande question métaphysique toujours d’une actualité très dynamique: Qui est-ce Moi ?
A travers la forme du clown, l’acteur-clown ose et se donne dans une mise en jeu de lui même, de prise de distance par rapport à certaines rigidités… moïque! Mais peut être, qu’au fond il n’y a pas de «  lui-même » de  «  personne » mais une capacité, une habileté à se jouer de ce qui se prend pour nous même à chaque instant et que c’est précisément ça l’art du clown: Jouer à passe-passe.

    1. Etre dans le présent

Tout se joue dans l’ici maintenant dans la relation entre lui et ses partenaires, entre lui et le public.

Il n’y a pas de passé ni de futur, le primordial, c’est la situation actuelle, ici maintenant sur la scène qui à tout moment peut permettre l’inattendu, la rupture qui nous sort de l’histoire prévisible.

    1. Dire oui

D’abord dire oui à ce qu’il ressent, accepter totalement l’univers qui se présente à lui aussi bien dans le rapport avec ses partenaires qu’avec son public.

C’est un « oui de construction » qui va permettre l’émergence d’une relation et d’une forme porteuse de sens et d’énergie. Ceci étant posé, le non peut alors advenir et renforcer le jeu quand justement ce n’est pas du refus de jeu. C’est-à-dire quand les partenaires sont suffisamment en accord pour jouer le désaccord, la tension riche de rebondissement.

1.4 Faire ou ne pas faire…le clown !

Il ne s’agit pas de faire mais d’être, d’être dans ce qui est là.

Accepter la peur de ne pas faire rire, accepter le bide.

Dire oui à la peur, en présence d’un public qui renvoie l’acteur-clown à sa propre présence. Pour le novice, la tentation peut être forte de quitter la scène, bientôt il saura, confiant s’accrocher au présent en quête de la forme qui sauve. Il ne va pas disparaître, se recroqueviller, il reste totalement ouvert pour que quelque chose en lui s’ouvre et prenne forme pour que ça marche.

L’acteur- clown fait le pari de la transformation, de l’alchimie. Pour cela il ne se laisse pas enfermer totalement par l’émotion en lui résistant. Confiant, il s’abandonne en présence, il lâche, il fond jusqu’à réapparaître dans une forme nouvelle qui le porte dans l’espace du jeu.

Cette capacité à lâcher ce moi qui résiste va permettre l’accès au vide créateur qui offre alors la possibilité d’un renouveau et d’une sortie intempestive.

1.5 Regard public

Contrairement à la plupart des artistes qui restent le plus souvent dans leur bulle créative, même lorsqu’ ils sont en représentation (le comédien dans l’histoire, le musicien dans sa partition….) le clown reste en présence du public avec lequel se joue aussi l’ici maintenant de cette rencontre.

Même si son imaginaire le porte à mille lieux de là, il reprend bien vite contact avec le public avec lequel il reste complice. Il le prend à témoin de ce qui lui arrive. Cette relation est espace de don mutuel, d’échange d’énergie.

Le terme de représentation pose problème pour le clown ? Quand un spectacle est ficelé, créé, qu’en sera-t- il de la spontanéité du clown, de l’ici maintenant? Le clown ne re-présente pas. Certes il peut arriver avec une trame, un numéro, mais il se rend présent par ce numéro, plutôt qu’il ne le représente.

1.6 Clown de théâtre et clown analyse

Assez récemment sont apparus deux termes qui méritent réflexion. Le clown de théâtre s’est opposé au clown de cirque dans son coté gag et tarte à la crème. A l’origine le clown de cirque fait des entrées entre deux numéros classiquement circassien; il ne vient pas lui-même faire un numéro conséquent, il est là pour permettre les transitions, les changements sur la piste. Il y a bien là l’enjeu d’un espace vide à géométrie variable propre à l’apparition du rire.

Mais le succès du clown peut bien faire son déclin. Voila qu’il risque de devenir « artiste » à part entière. Il se compose un répertoire, accumule des recettes pour faire rire, au risque de perdre l’essence du jeu clownesque où la confrontation au vide amène l’inattendu aussi bien pour le public que pour lui même.

A l’opposé, il y a ceux qui se livrent à la clown- analyse. Je préfère parler de Clown-Résonance, mais c’est bien la même chose dont il s’agit. A partir de ce qu’ils ont entendu d’un débat, d’un congrès ou d’un très sérieux séminaire d’entreprise, les clowns s’engagent dans une série d’improvisations.  Dans le jeu, où comme toujours, action, corps et métaphore sont au rendez vous, se déploient ainsi des situations qui amènent surprises et rebondissements. Les clowns résonnent et s’étonnent eux même du chemin qu’ils parcourent; ils amènent ainsi des variations de perspective et de sens, très inattendus autour des propos et des enjeux originaires.

Il n’y a pas d’analyse, mais c’est bien l’inconscient des clowns qui mène la danse, cette danse qui va donner un autre éclairage, un sens nouveau à tout ce qui a pu se dire et/ou se vivre très sérieusement en amont par les commanditaires.

On est ici dans la grande pureté du clown se laissant jouer du présent où se déplie à l’infini le grand cirque humain.

Aujourd’hui plutôt que d’opposer clown de cirque et clown de théâtre, il conviendrait mieux de distinguer ce dernier du clown d’improvisation qui se pratique en atelier, dans la rue ou en clown analyse.

2 Directives générales et pratique pour le Clown

Ne pas mettre le nez de clown en dehors des séquences de jeux.

Donner à voir tout ce que l’on ressent à travers le clown.

Capter avec toutes ses antennes les émotions des autres.

Prendre le temps de ressentir.

Prendre le temps d’écouter l’autre.

Exploiter au maximum les pistes que l’on démarre en évitant de passer à autre chose trop rapidement.

Donner ses émotions au public, le regard public est aussi un moyen de se recentrer.

Ne pas bousculer ou mettre l’autre en danger sans avoir préalablement senti son accord.

Dire « oui » à la proposition de l’autre, ou au moins à l’univers qu’il propose.

3 Approche théorique Gestaltiste du jeu clownesque

3.1 Clown, Gestalt, forme et fond.

La Gestalt-thérapie dont le propos est mettre en oeuvre la forme plus que le fond, le contenant plus que le contenu peut nous aider dans la compréhension et l’analyse du jeu clownesque.

La Gestalt, comme le souligne Jean Ambrosi1, opère une rupture épistémologique décisive, en laissant de côté la recherche des causes pour favoriser, dans le présent de la relation thérapeutique, la construction d’une forme nouvelle, porteuse de sens :

 » Il faut faire évoluer le discours depuis le mode de pensée logique vers le lieu de l’équivoque où le cours de la pensée se trouve un temps suspendu. L’intervention clinique qui repose sur la causalité tend à faire entrer la personne dans la logique qui la fonde.”

En effet la Gestalt, comme l’art-thérapie, n’a pas de projet sur la personne, mais avec elle. Toutes deux s’attachent à l’énonciation plus qu’à l’énoncé, de façon à permettre l’élaboration d’une forme nouvelle qui dans le champ symbolique sera anticipation des résolutions psychiques par le sujet lui-même.

«  L’art-thérapie ne répond pas à la question pourquoi ? Mais à l’interrogation pour quoi ? C’est-à-dire comment à partir de l’état actuel de la personne qui résulte de toute son histoire, aller vers une production artistique qui fait processus de transformation ; L’aller-retour entre la figuration de soi et la perception de cette figuration, entre l’expression et l’impression permet un processus symbolique qui s’appuie entre autres sur ses folies (résistances) plutôt que de chercher à les expulser comme ennemies »

J.P. Klein2.

Si l’art-thérapeute a un langage spécifique, inhérent au champ symbolique dans lequel il travaille : peinture, danse, sculpture…qu’en est-il de l’accompagnement gestaltiste des clowns, peut-on parler de clown- thérapie? Quelle est donc cette façon bien particulière de traiter l’énonciation ?

3.2 M. Loyal

Dans le monde du cirque, Monsieur Loyal est le maître de la piste, le chef d’orchestre des numéros, particulièrement des entrées de clown.

Selon le Petit glossaire du Cirque – « Monsieur Loyal: exemple d’un nom propre – celui d’un directeur de cirque – devenu commun pour désigner tous les maîtres de manège, régisseurs de pistes appelés aussi à donner la réplique aux clowns. »

Dans le soutien des improvisations, l’accompagnateur, le coach se met dans une posture proche de Mr Loyal, personnage du cirque qui invective les clowns.

La première chose qui peut surprendre est qu’il vouvoie les clowns, alors que par ailleurs le tutoiement des acteurs-clowns est de convenance, aussi bien dans les échauffements, que lors des données de base techniques et de consignes de jeu (‘x’ supprimé ?).

Il vouvoie les clowns, car qui sont ils ? Ces « être » de la scène ?

Les tutoyer serait déjà charger cette apparition de la connaissance qu’il a de leur personne, l’inscrire dans une temporalité qui n’a pas encore eu précisément lieu d’être.

Les vouvoyer, c’est leur donner, leur reconnaître cette liberté fondamentale d’être-là, pour que ces « être-là », les clowns puissent se déployer dans toutes les formes possibles.

Ce vouvoiement salue donc ce que j’appelle le clown-dasein, lointain héritier du philosophe Heidegger.

3.3 Clown et Dasein

Quelques précisions donc sur ce très sérieux Dasein, concept du philosophe phénoménologue Heidegger, que je sens très proche du clown.

Le sujet humain, l’homme, Heidegger l’appelle Dasein, terme par lequel la philosophie allemande traduisait depuis Kant le mot latin Existentia. Le Dasein, littéralement « l’être-là » sert donc à nommer cet « étant » humain, qui ne se contente justement pas d’être là, d’exister à la manière des choses, mais détient le privilège de la conscience d’être, du sentiment d’exister.

Jusqu’alors la philosophie opposait l’essence à l’existence, car on pouvait concevoir que quelque chose puisse être, sans être appelé à l’existence. Avec cette conception très particulière de l’étant humain, nouvellement baptisé Dasein, cette opposition disparaît car il est fondamentalement existence, son essence est existence. Mais celle-ci n’a rien à voiravec celle des choses simplement présentes, il faut la comprendre comme Ek-sistence.

Le Dasein ek-siste parce qu’il se tient hors de, se dresse, apparaît de telle ou telle manière, il est fondamentalement ouverture, disponibilité, fécondité. Ce mode d’être propre au Dasein fait qu’il n’est jamais enfermé sur lui-même par des qualités, lâcheté, générosité…, qui seraient toujours siennes, il a « à être » ou ne pas être ces qualités à chaque instant de cette existence toujours à d